Fibromyalgie

Fibromyalgie ou syndrome fibromyalgique : le tableau clinique

La Fibromyalgie ou syndrome fibromyalgique doit être suspectée en cas de coexistence d’une triade de 3 pathologies : les douleurs diffuses, les troubles du sommeil,
la fatigue chronique, associée ou non à des symptômes qui varient d’un individu à l’autre.

Douleurs

 

La sensibilité à la douleur est allodynique et hyperalgésique :

    • l'allodynie traduit le fait que la douleur est déclenchée par un stimulus qui n’implique pas
      de douleur chez un sujet normal (simple contact, variation de température,...),

    • l'hyperalgésie exprime l’accroissement de la douleur ressentie en présence d’un stimulus douloureux,

  • la douleur est chronique, souvent permanente avec un enraidissement matinal,

  • la douleur reproduit une sensation de nouure musculaire avec des zones douloureuses aux insertions musculo-tendineuses,

  • la douleur est préférentiellement axiale (régions cervico-scapulaires et lombofessières),

  • la douleur est majorée par l’effort.


 

Troubles du sommeil

Les fluctuations du potentiel électrique du cerveau se traduisent par l’émission d’ondes de différentes fréquences :
delta (4Hz et -), theta (4-8Hz), alpha (8-12Hz), beta (13-30Hz) et gamma (+ de 30Hz).
Une nuit de 8 heures de sommeil est composée de 4 à 6 cycles composés de sommeil lent et de sommeil paradoxal dont le dosage évolue au fil de la nuit. Le sommeil lent est réparateur. Il est caractérisé, aux stades 3 et 4,
(sommeil lent profond), par la présence d’ondes très lentes de type delta.


Le sommeil du fibromyalgique se caractérise par un hyposommeil : diminution de la durée totale du sommeil et en particulier du sommeil lent profond, et/ou une altération de la qualité du sommeil : intrusion d’ondes alpha parmi les ondes delta du sommeil lent profond. Cette hypervigilance favorise les éveils au cours de la nuit.
 

Fatigue chronique

 

Il s’agit d’une fatigue profonde et persistante (plusieurs mois), probablement entretenue par les troubles du sommeil précédemment évoqués.

 

Symptômes associés

céphalées de tension : maux de tête épisodiques ou chroniques, associés à une impression de tension de la nuque et/ou des muscles du cou, accompagnés parfois de sensations de fourmillement ou de tiraillement dans le cuir chevelu. Contrairement aux migraines, elles ne sont généralement pas pulsatiles.

  • colopathie fonctionnelle (autres dénominations : syndrome de l’intestin irritable - SII ou troubles fonctionnels de l’intestin)

  • paresthésies : fourmillements, picotements et disparition temporaire plus ou moins importante de la sensibilité

  • troubles cognitifs : difficultés de concentration, désorganisation mentale

  • hyper-acuité des sens : sensibilité accrue du toucher, de l’odorat, de l’ouïe, de la perception de la lumière

  • douleurs de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM)

  • troubles génito-urinaires : menstruations douloureuses, syndrome de la vessie irritable, mictions impérieuses, cystalgies à urines claires

  • maladie de Raynaud : trouble de la circulation sanguine dans les extrémités déclenché par le froid ou les émotions

  • livedo : trouble de la circulation sanguine se traduisant par une visibilité importante des veinules superficielles

  • syndrome sec ou syndrome de Gougerot-Sjögren : inflammation chronique qui affecte les glandes qui produisent les fluides de lubrification (glandes salivaires, glandes lacrymales et cellules vaginales)

  • troubles psychiques : états anxieux ou dépressifs. Le syndrome dépressif est ou a été présent chez environ 1 malade sur 2. Il semblerait en ce cas que la dépression soit de nature réactionnelle, consécutive au vécu difficile de la douleur, du handicap fonctionnel et de l’isolement social ou professionnel que la FM peut occasionner.

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Difficulté : Absence de signes objectifs

 

A l’exception des points douloureux, on ne relève pas de signes objectivant la maladie :

  • absence de signes cliniques à l’examen articulaire, musculaire et neurologique,

  • absence de signes biologiques (par le biais notamment des analyses de sang),

  • absence de signes radiologiques.