Dépistage infection par IRM

L'IRM dans le dépistage des infections rachidiennes :

 

Importance Aux États-Unis, l'injection de méthylprednisolone contaminée a donné lieu à une épidémie nationale sans précédent d'infection fongique à Exserohilum rostratum, se manifestant initialement par une méningite et/ou un accident basilaire. De plus en plus de cas d'installation insidieuse d'une infection rachidienne ou para-vertébrale au site d'injection ont été déclarés, cette affection survenant plusieurs mois après l'administration du médicament contaminé. Les signes cliniques sont souvent subtils et similaires à ceux qui ont amené le patient à recevoir l'injection de méthylprednisolone.

Objectif Déterminer par IRM (imagerie par résonance magnétique) avec rehaussement de contraste si les patients qui n'étaient pas venus consulter en vue d'un traitement, mais avaient reçu la méthylprednisolone contaminée, ont contracté une infection rachidienne ou para-vertébrale au site d'injection.

 

Plan, cadre et participants Au total, 172 patients avaient reçu une injection de méthylprednisolone issue d'un lot à forte contamination (n° 06292012@26) dans un établissement de gestion de la douleur, mais n'avaient pas consulté en vue d'un traitement lié aux effets indésirables de l'injection. Le dépistage par IRM a été effectué entre le 9 novembre 2012 et le 30 avril 2013.

Principaux critères d'évaluation Nombre de personnes chez lesquelles une infection rachidienne ou para vertébrale non diagnostiquée précédemment a été détectée.

Résultats Parmi les 172 patients ayant fait l'objet du dépistage, l'examen IRM s'est révélé anormal dans 36 cas (21 %), avec détection d'un abcès ou phlegmon épidural ou para vertébral, d'une arachnoïdite, d'une ostéomyélite ou discite rachidienne ou d'une prise de contraste épidurale, para-vertébrale ou intra-durale modérée à sévère. Parmi les 115 patients interrogés sur l'apparition de nouvelles douleurs dorsales ou cervicales, d'une faiblesse des membres inférieurs ou d'une radiculopathie, on a observé au moins un symptôme dans 35 cas (30 %). Dans 35 cas sur 36, les examens IRM anormaux correspondaient aux définitions de cas des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC, Centers for Disease Control and Prevention) d'une infection rachidienne ou paravertébrale probable (17 patients) ou confirmée (18 patients). Ces 35 patients ont tous reçu un traitement antifongique (par voriconazole, avec ou sans amphotéricine B liposomale) et 24 d'entre eux ont dû faire l'objet d'un parage chirurgical. Au moment de l'intervention, 17 patients sur 24 (soit 71 %), dont cinq patients s'étant déclarés asymptomatiques, présentaient des signes biochimiques d'infection fongique.

Conclusions et pertinence Sur l'ensemble des IRM de dépistage visant à détecter des signes d'infection au site d'injection de la méthylprednisolone contaminée, une anomalie a été observée dans 21 % des cas et tous les patients sauf un ont satisfait aux critères des CDC associés à une infection fongique rachidienne ou para-vertébrale probable ou confirmée. Le dépistage par IRM a conduit à l'identification de patients asymptomatiques ou présentant des symptômes minimes d'infection rachidienne ou para-vertébrale et permis l'instauration précoce d'un traitement médical et chirurgical.

 





Références DisclaimerMalani AN, Vandenberg DM, Bonita Singal B, et al. Magnetic Resonance Imaging Screening to Identify Spinal and Paraspinal Infections Associated With Injections of Contaminated Methylprednisolone Acetate. JAMA. 2013. 309(23):2465-2472.